Hors arc
Ceux qu'on a débarqués (Katoum)
Tout mène à l'Ossuaire (la Taupe)
Les pierres égarées (les grottes)
Trois cents ans (la Tour majeure)
Celui qui a demandé (le Cloaque)
Personne à appeler (le cratère)
Une phrase de plus (les Cordiers)
Trois fois par jour (les Six Rues)
Ceux qui ont fini (le faubourg Glauque)
Il fait bon (la rue des Copistes)
2667 mots · 13 min de lecture · mis à jour le 23 août 2026
Note
Trois cents ans
Scénario hors arc · palier 3-4 · deux séances
En une phrase
⚠ Avant de jouer
Ce qui est vrai
Le pic Aveugle
Accroche
Scènes
1. La route
Scènes 1. Entrer
2. Le Lecteur
3. Les trois cahiers
Fin
Comptes à rebours
Adversaires
Corruption & Veille
Ce que le scénario laisse derrière lui
Notes d'après-partie
Les magiciens ont été bannis parce qu'ils étaient les seuls capables de percer le secret de la ville — et l'un d'eux l'a percé, il y a trois cents ans, et son travail est toujours sur une étagère.
Où l'insérer
Après la séance 14
(le Lithoracle a fait son offre)
, ou
entre les séances 15 et 16
de l'arc IV
(avant que le groupe ne s'engage sur un chemin)
.
Ce que le scénario donne à l'arc IV :
les
termes
. L'arrangement qui tient l'univers fermé avait une durée et une condition, et Laelith est en infraction depuis cinq siècles. Ça ne crée pas une quatrième issue miraculeuse.
Ça donne à la troisième son sens exact.
⚠ Avant de jouer
Relégation d'une population entière hors les murs. Un village de gens que leur métier a abîmés dans le corps et dans l'esprit. Et un savoir dont la simple possession est un délit.
Ce qui est vrai
Section MJ.
Pourquoi les magiciens sont dehors
Le canon donne deux raisons
(Lth p. 7)
: ils
consomment l'énergie du Lithoracle
, et ils sont
les seuls capables de percer le secret de la ville
. La version publique, elle, tient en deux griefs
(livre de base p. 336)
: la prééminence de la magie cléricale, de nature divine, et le soupçon d'avoir jadis provoqué plusieurs désastres qui faillirent réduire Laelith en cendres.
Les édits de
Mandala I<sup>er</sup>
les confinent depuis dans la partie septentrionale : le
quartier des Trois Tours
, que le voyageur aperçoit bien avant le palais.
La seconde raison est la vraie.
Et elle n'est pas théorique :
quelqu'un a réussi.
Le magicien qui a lu
Il y a un peu plus de trois cents ans, un mage de la Tour majeure a recoupé ce que personne n'avait recoupé : les relevés de chantier, les archives de la fondation, et une chose enfouie à l'ouest de sa propre tour. Il a écrit ce qu'il a compris, proprement, en trois cahiers.
On ne l'a pas tué.
On a fait mieux : on a confirmé les édits
, on a scellé sa bibliothèque, et on l'a laissé vieillir dedans. Depuis, personne ne l'a lu — parce que lire est exactement ce qui vous vaut d'être là.
Ce qu'il y avait dans les cahiers : les termes
Avant le Verrou, il y a eu
une négociation.
Quelqu'un a demandé aux Lithos. Les termes ont été posés, et ils tiennent en deux points :
1.
Un terme de trois cents ans
, renouvelable
par accord
, c'est-à-dire en redemandant.
2.
Un gardien qui s'offre.
Pas un gardien désigné, pas un gardien de devoir :
quelqu'un qui se propose.
Aucun des deux n'a été respecté.
Orphyr n'a pas offert : il était en train de mourir et il a improvisé avec ce qu'il avait. Depuis, tous les trois à quatre siècles, le Roi-Dieu en exercice
doit
à son tour fusionner — c'est une charge, et une charge n'est pas une offre.
Huit cents ans de fusions dutiful, aucun renouvellement demandé, et personne qui se soit jamais porté volontaire.
Les Lithos l'ont remarqué. Ils le disent avec les mots qu'ils ont :
« Personne. N'a. Demandé. »
Si le groupe a joué `hors-arc-grottes-sous-lacustres.md`, la phrase leur est déjà connue et le raccord se fait tout seul à la table.
Ne l'annoncez pas : posez les termes et attendez. Quelqu'un dira les trois mots à voix haute.
Le canon décrit un chantier ouvert
(livre de base p. 336)
: après trois semaines de pluies diluviennes, une colline à l'ouest de la Tour majeure s'est révélée recouvrir une construction très ancienne. Aucune ouverture visible — d'où le nom. L'archéologue
Fullert
creuse la base et dégage bloc après bloc un mur qui s'enfonce toujours plus profond. Il soutient publiquement qu'il s'agit d'un mausolée abandonné.
Ce n'est pas un mausolée, et il le sait.
Il a dégagé de l'écriture. Il ne sait pas la lire, et il sait parfaitement ce qui arrive aux gens qui déclarent avoir trouvé de l'écriture ancienne près des Pics.
C'est là que les termes ont été posés.
Le mur n'a pas d'ouverture parce que ce n'était pas un bâtiment : c'est un contrat.
Accroche
On voit les Trois Tours bien avant le palais. C'est la première chose qu'un voyageur découvre en approchant de Laelith, et c'est fait exprès : la ville tient à ce qu'on sache tout de suite où elle range ses magiciens.
Deux d'entre elles sont hautes et élégantes. La plus petite des deux a des balcons, des fenêtres, des escaliers extérieurs et des ouvertures sculptées.
La troisième ressemble à un volcan effondré.
Vous sortez de la ville par la porte du nord avec un laissez-passer qui ne vaut rien, et vous vous apercevez au bout de deux cents pas que
c'est la première fois de la campagne que vous êtes dehors.
Court, et utile pour une seule chose :
le contraste
. Depuis dix séances, les PJ vivent dans une ville qui refroidit. Dehors, tout est normal. Le ciel est le ciel. Personne ne les regarde.
Rencontre possible :
../bestiaire/maigre-bete-de-la-nuit.md
×2. Le canon les fait nicher dans les hauts volcans
au nord des Pics des Mages
: c'est chez elles. Nuit sans lune obligatoire, et un PJ isolé.
2. La Tour de l'échec
Voir
../univers/lieux/tour-majeure.md
. Le canon est sans indulgence : un village troglodyte où survivent dans des conditions misérables
tous ceux qui ont échoué à maîtriser la magie et en ont subi les effets dans leur corps ou leur esprit.
Un mélange de cour des miracles et de triste parodie d'école.
Ce qu'il faut y jouer :
pas du pittoresque. Des gens abîmés par un métier, relégués deux fois — une fois hors des murs avec tous les magiciens, une fois hors des deux belles tours par leurs propres pairs.
Un PJ Veilleur y est, pour la première fois, dans une position confortable :
ici, tout le monde est illégal. On ne lui demandera rien.
3. Menishbume
Voir
../univers/pnj/menishbume.md
. Canon : Lth p. 16.
Cheveux roux en bataille, long nez, large bouche tordue d'un rictus involontaire, et un air niais qu'elle arbore à la perfection pour éloigner les soupçons. Elle a un tube de verre qui projette une lueur quand on presse le pouce, trouvé dans le désert de scories, et dont la nature n'a rien à voir avec la magie qu'elle étudie.
C'est la porte d'entrée de la Tour majeure
, et elle le sait, et elle vend cher.
Ce qu'elle veut
— franchement, dès la première conversation :
—
Monter. Elle est à la Tour de l'échec et elle n'y restera pas.
—
Faire confirmer ses
plans du temple des Anciens
, qu'elle croit exploitables.
—
Savoir ce qu'est devenu
le Sixième
, dont elle a trouvé la trace dans les archives de sa tour : capturé à sa sortie du désert, détenu vingt ans dans les geôles, évadé de façon incompréhensible.
Ce qu'elle offre :
l'accès, et rien d'autre. Elle ne descendra pas avec eux au pic Aveugle et elle le dit d'avance.
Elle ment sur ses intentions, pas sur ses moyens
— comme à l'arc III. Un groupe qui l'a déjà rencontrée en séance 13 arrive avec un historique, bon ou mauvais.
4. La Tour majeure
On y entre par une porte que personne ne garde, parce que personne ne veut y entrer.
Le collège de la Tour majeure n'est pas une confrérie de comploteurs.
Ce sont trois cents personnes savantes, aigries et parfaitement policées, qui vivent d'une rente municipale versée pour qu'elles restent où elles sont. Elles reçoivent poliment. Elles répondent aux questions.
Elles refusent une seule chose :
la bibliothèque interdite.
Fin de séance A :
les PJ savent que la clé de tout ce qu'ils cherchent est derrière une porte scellée depuis trois cents ans, dans un bâtiment où l'on veut bien de leur compagnie et pas de leur curiosité.
Scènes 1. Entrer
Trois voies, aucune propre :
—
Par le collège
, en argumentant. Il faut leur donner une raison qui les serve : la seule qui fonctionne est de leur prouver que
la ville va tomber
, ce qui suppose de leur montrer des choses que les PJ ne devraient montrer à personne.
Bûcher −2 quand ça remontera.
—
Par Menishbume
, contre son prix. Elle connaît un escalier de service et deux gardiens vénaux. Elle voudra sa part de ce qu'on trouve.
—
Par effraction.
Difficulté 19. La bibliothèque n'est pas piégée : elle est
gardée par le Lecteur
, et il ne se contourne pas.
Voir
../bestiaire/le-lecteur.md
.
Les mages ont fabriqué, il y a longtemps, une chose qui lit à leur place — pour que personne n'ait à être celui qui a lu. Elle lit à voix haute, en continu, dans l'ordre, et
elle ne saute jamais rien.
Elle a tout lu. Elle ne comprend rien.
Ce n'est pas un combat, c'est une contrainte :
pour obtenir une page, il faut en écouter cent. Sauf si l'on sait
exactement quoi demander
— le Lecteur répond à une question précise en lisant le passage exact, et à une question vague en repartant du début.
C'est l'épreuve du scénario, et elle se résout avec ce que la campagne a appris aux joueurs.
Une question comme
« parle-nous du Verrou »
déclenche onze heures de lecture. Une question comme
« à quelle date le terme expirait-il ? »
obtient trois lignes.
Le MJ ne donne aucun indice. Les joueurs ont trois arcs de matériel : le Lithoracle, Pergole, Nurthor, les pierres égarées.
S'ils n'ont rien de tout ça, ils repartent avec un fragment
, ce qui est un résultat honnête et frustrant.
Ce qu'on finit par obtenir, en substance :
Ce qui est écrit
Ce que ça implique
Il y a eu une
négociation
avant le Verrou. Quelqu'un a demandé.
Le mensonge fondateur n'est pas que les dieux n'existent pas. C'est qu'on a cessé de demander.
L'accord portait sur
trois cents ans
, renouvelable par accord.
Il est expiré depuis cinq siècles et il a été reconduit en silence.
Il exigeait un gardien
qui s'offre
.
Orphyr n'a pas offert : il mourait. Les Rois-Dieux depuis fusionnent
par charge
. Ce n'est pas la même chose, et c'est écrit noir sur blanc.
L'auteur conclut, à la dernière page, qu'il faudrait aller redemander.
Il ne l'a jamais fait. Il a été scellé ici avec ses cahiers et il est mort dedans.
Le nom de l'auteur est sur la couverture.
Le MJ le choisit. Il figure aussi, rayé, dans les registres du collège — les magiciens rayent leurs morts comme la ville raye ses Rayés.
4. Le pic Aveugle
Voir la fiche du lieu. Une colline à l'ouest de la Tour majeure, dégagée par les grandes pluies, sous laquelle
Fullert
creuse depuis deux ans et dégage bloc après bloc un mur qui s'enfonce toujours plus profond, sans aucune ouverture.
Il soutient qu'il s'agit d'un mausolée abandonné.
Il ne le croit pas.
Il a trouvé de l'écriture. Il n'a rien déclaré, parce qu'il connaît le sort réservé à ceux qui déclarent avoir trouvé de l'écriture ancienne près des Pics — et parce que sa commission de contrôle le paie précisément pour trouver un mausolée.
Ce que voit un Veilleur, en posant la main sur le mur dégagé :
C'est chaud.
Pas la chaleur de la citerne, ni celle de la crypte, ni celle du temple des Anciens.
C'est plus vieux.
Le mur n'a pas d'ouverture parce que ce n'était pas un bâtiment.
C'est le contrat
, taillé dans la pierre par des gens qui n'avaient rien de mieux pour écrire, et les cahiers de la bibliothèque n'en sont qu'une lecture.
On ne peut pas le veiller.
Il n'est ni mort ni corrompu ni égaré : il est
d'accord
, depuis huit cents ans, avec quelqu'un qui n'a jamais rappelé.
5. Ce qu'on rapporte
Trois choses, et il faut décider quoi en faire :
Ce qu'on emporte
Ce que ça permet
Les termes
Arc IV : le Lithoracle les ignore.
Il les ignore vraiment
— neuf rois morts, et pas un qui ait su qu'il fusionnait en infraction.
Le relevé de Fullert
La preuve matérielle. Sans elle, les termes sont un livre écrit par un homme rayé des registres.
Le nom de l'auteur
Le collège de la Tour majeure devra reconnaître qu'il a scellé un homme qui avait raison. Certains le feront.
Vous rentrez par la porte du nord, à l'aube, avec trois cahiers, un relevé de fouilles et une phrase de trois cents ans dans la tête.
Devant vous, la ville monte en terrasses jusqu'au palais, et il en sort de la fumée de cuisine, et quelque part là-dedans cinq cent mille personnes se lèvent et vont prier.
Derrière vous, les Trois Tours. On les voit encore longtemps sur la route. C'est fait exprès.
Comptes à rebours
Compteur
Mouvement
Ferveur
inchangée pendant tout le scénario.
Hors les murs, il n'y a pas de Litho à décevoir.
C'est le seul scénario de la campagne où le compteur ne bouge pas, et un joueur attentif le remarquera.
Bûcher
−2
si les PJ ont dû montrer au collège ce qu'ils savent.
−1
s'ils rentrent en ville avec les cahiers et se font contrôler : possession d'écrits magiques proscrits.
Rues froides
+2 en leur absence.
La ville n'attend pas.
../bestiaire/le-lecteur.md
×1 ·
../bestiaire/maigre-bete-de-la-nuit.md
×2
(la route, nuit sans lune)
·
../bestiaire/brigade-spirituelle.md
×4
(au retour, s'ils sont attendus)
Aucun combat n'est nécessaire.
Le Lecteur ne se bat pas, le collège non plus, et Fullert encore moins.
Actes de Peur
—
1 Peur :
le Lecteur, au milieu d'un passage sans rapport, lit
le nom d'un PJ
. Il ne s'interrompt pas et ne recommence pas.
—
2 Peur :
Menishbume a lu les cahiers avant eux. Elle n'en a rien dit. Elle voulait voir ce qu'ils en feraient.
—
2 Peur :
Fullert demande aux PJ de traduire ce qu'il a dégagé. Puis il demande si c'est grave.
Répondre honnêtement lui coûte son chantier, sa commission et sa vie d'après.
—
3 Peur :
la tranchée s'est enfoncée de deux mètres depuis la veille, et personne n'a creusé.
—
Poser la main sur le mur du pic Aveugle :
1 Souillure
, et une chaleur plus vieille que toutes les autres.
—
Lire les cahiers en entier :
1 Souillure
, et le PJ devient exactement ce que la ville a banni.
Ne pas prévenir.
—
Écouter le Lecteur plus d'une heure : 2 Stress.
—
Rien à veiller de tout le scénario
, sauf ce que la route apporte. C'est volontaire : c'est une expédition documentaire, et les PJ y sont des chercheurs avant d'être des Veilleurs.
1.
Les termes.
Trois cents ans, renouvelable par accord, et un gardien qui s'offre.
2.
La certitude que
le Lithoracle ne le sait pas.
Neuf rois morts, aucun au courant.
3.
Fullert
, qui devra décider s'il continue de mentir.
4.
Menishbume
, avec ou sans sa part, et ses plans du temple des Anciens.
5.
Un nom rayé dans un registre du collège, et trois cahiers qui ont attendu trois cents ans.
(à remplir)