Les Prières froides
Lieu Le quartier des Katoum
terrasse La Chaussée du lac — au bout des quais
source 468_lael_l02_laelithulhu_web_v1.pdf p.12-13 — développé

Ce qu'on en dit sur la terrasse : insalubre, mal famé, on n'y va pas sans y être obligé. Une vingtaine de familles de pêcheurs qu'on reconnaît au premier coup d'œil. On leur prête des pouvoirs de sorciers. On les soupçonne de trafics, y compris d'êtres humains.
Ce que c'est : un peuple. Avec une langue, un métier, une cuisine, des chansons — et une direction qui a pris, sous quatre-vingts ans de persécution, des décisions abominables.
Le canon décrit les Katoum en termes physiques dégradants et impute leur difformité à la consanguinité. Cette campagne ne retient pas ça. Même règle que pour les Utruz : opprimés, pas dégénérés. Un MJ qui les joue en dégénérés poissonneux trahit le cadre.
Les trois sens
On voit le pavé changer. C'est net, c'est net à un mètre près, et les gens de la terrasse s'arrêtent là sans y penser. Au-delà : des cales, des paniers d'osier tressés serré, du filet partout, et des maisons basses accolées les unes aux autres comme un seul bâtiment.
On entend une langue. Faite de gorge et de mâchoire, avec des claquements réguliers. Ce n'est pas un code de brigands : les enfants la parlent avant celle de la ville.
On sent le poisson, évidemment, et par-dessus quelque chose que personne en ville n'attendrait : on cuisine bien ici. Des fumages longs, des herbes de rive, des sauces au vinaigre de lie. C'est la meilleure cuisine de la Chaussée du lac et personne ne le sait.
Ce qui est vrai et qu'on ignore en haut
Rumeur en ville
Ce qu'il en est
Leur zone de pêche est pauvre
Faux. Elle est excellente. Ils entretiennent la rumeur depuis six générations et défendent la zone au harpon.
Ce sont des sorciers
Faux. Ils font leurs propres rites funéraires parce qu'aucun prêtre ne descend chez eux. Ça marchait. Ça ne marche plus depuis huit mois.
Ils vénèrent une déité mineure du Poisson d'argent
Officiellement oui. C'est une déclaration administrative, vieille de deux siècles, qui leur a coûté cher et qui les protège.
Ils font disparaître des jeunes filles
Vrai. Quatorze en quarante ans, orphelines ou trop pauvres pour qu'on enquête. Un registre existe.
Ils cachent quelque chose de pire
Vrai, et ce n'est pas ce qu'on croit : ils débarquent leurs enfants difformes sur l'île avant la puberté. Quatre-vingt-onze en six générations.
Géographie utile
Lieu
Sert à
Le bout du quai
La frontière. C'est là qu'on attend les PJ, harpons baissés.
La cale à glace
Quatre morts gardés depuis huit mois, arrangés avec un soin extraordinaire.
La maison longue
Aft'nargal. Une seule pièce, très propre, une fenêtre sur le lac.
Chez K'txu
Au bas du quartier, contre l'eau. Une cave dont le soupirail donne sur la rue.
Les cales du bas
Par où l'on rentre la nuit sans être vu.
Le poteau
Où le contingent cloue ses avis sans descendre.
Bloc d'environnement — Un peuple qui se garde
Palier 2 · Social / Exploration · Difficulté 15 Impulsion : tenir la frontière, dans les deux sens.
Adversaires : ../../bestiaire/katoum-au-harpon.md
Aptitudes
Le pavé change — Passive. Tout étranger qui franchit la limite est repéré en moins d'une minute. Aucune discrétion possible de jour. Ce n'est pas de l'hostilité : c'est que tout le monde se connaît et que personne ne vient jamais.
On ne comprend pas — Passive. Dès qu'un sujet compte, la conversation bascule dans la langue du clan. Les jets sociaux visant à obtenir une information sensible ont un désavantage tant qu'un PJ n'a pas gagné le droit qu'on lui parle en clair — ce qui se gagne par des actes, pas par des jets.
Les harpons — Action. Quatre Katoum encadrent les PJ et les raccompagnent jusqu'au pavé. Sans dégâts, sans insultes, sans discussion. Ils l'ont fait mille fois.
La criée — Action. Le quartier entier est sur les cales à la première heure. Impossible d'y faire quoi que ce soit de discret, et impossible d'y être en danger.
Ce qui sort du lac — Action, 1 Peur. La nuit. Des silhouettes basses le long des coques, deux notes sifflées, une porte qui s'ouvre de l'intérieur. Tous les PJ : 1 Stress.
Le fragment de beauté
La berceuse. Trois notes, répétées, avec des claquements réguliers de mâchoire. Tous les Katoum la connaissent ; on la chante aux nourrissons sur les seuils, en plein jour, sans y penser.
C'est aussi ce qu'un PJ entendra le long des coques à la nuit, et ce que onze personnes chantent sur un rocher à une demi-heure de nage. Certains d'entre eux ont été débarqués à cinq ans et l'ont gardée vingt ans.
Le MJ ne fait jamais le rapprochement. Il décrit la même mélodie trois fois et il attend.
Note de MJ
La difficulté du quartier n'est pas d'y survivre : c'est d'y être accueilli , puis de découvrir ce qu'on ne voulait pas savoir sur des gens qui viennent de vous nourrir.
Scénario complet : ../../sessions/hors-arc-quartier-katoum.md .