Les Prières froides
Lieu Les jardins du Dénuement
terrasse en marge, au bord du Puy des âmes
source 468_lael_l02_laelithulhu_web_v1.pdf p.17 (Carnets d'Hildefons-René de Castelluisant) — extrapolé

Ce qu'on en dit en ville : un endroit fort déplaisant mais finalement nécessaire. Le refuge de ceux qui sont trop pauvres pour vivre ailleurs et trop honnêtes pour voler.
Ce que c'est vraiment : le seul secteur de Laelith qui échappe à l'emprise des guildes (canon p. 17) — et par conséquent le seul endroit de la ville où une chose gratuite pouvait arriver.
Le canon, en trois faits
1.
On y trouve les artisans à qui leur corporation a interdit d'exercer, pour un manquement plus ou moins obscur aux règles. Ils continuent à produire.
2.
Ils ne peuvent pas vendre. Ils doivent passer par des artisans enregistrés qui prennent presque tout, en violant tranquillement les règles sacro-saintes sous des protections bien placées.
3.
Pour survivre, les habitants acceptent les travaux dont aucune guilde ne veut : homme de bât sur la schlitte en tête, qui tue lentement et tue vite.
Les trois sens
On voit des jardins, pour de vrai — c'est le nom et ce n'est pas ironique. Des carrés de terre entre les baraques, tenus au cordeau, des fèves, des choux, des herbes. Les gens d'ici n'ont pas d'argent mais ils ont du temps et de la terre, et ça se voit.
On entend peu de chose. Pas de marteaux, pas de guilde, pas de cloches — il n'y a aucun Temple aux Jardins , et c'est le seul quartier de Laelith où l'on n'entend jamais d'office.
On sent la terre retournée, la fumée de bois vert, et l'odeur douce et écœurante de la schlitte qui passe en contrebas.
Depuis l'hiver
La file. Elle commence la veille au soir, descend de la placette, longe le mur du Puy, tourne deux fois et se perd dans les ruelles. Trois cents personnes en permanence. Des couvertures, des feux, une femme qui vend de la soupe le long de la file et qui ne fait pas payer les derniers.
C'est la file la mieux tenue de tout Laelith , et il n'y a ici ni guilde, ni garde, ni Temple. Voir ../pnj/grelle.md .
Géographie utile
Lieu
Sert à
La placette et la chaise
Nél, les guérisons, la confrontation de la S8
La cabane de Grelle
Le registre, les jetons — et Nél y dort , ce que peu de gens savent
La réserve à outils, derrière
../pnj/seve-dorne.md
Chez Vaudine , deux ruelles plus loin
../pnj/vaudine.md — elle ne vient jamais sur la placette
Chez Hildefons
Barricadé de l'intérieur. S7.
Le mur du Puy
La frontière. Au-delà : puy-des-ames.md
La schlitte
En contrebas. C'est là qu'on a retrouvé Bardolf.
Bloc d'environnement — Le quartier sans Temple
Palier 2 · Social / Exploration · Difficulté 14 Impulsion : donner ce qu'on n'a pas.
Adversaires possibles : ../../bestiaire/porte-jaune.md , ../../bestiaire/le-gueri.md , ../../bestiaire/bravi-de-guilde.md (les hommes de main des artisans enregistrés)
Aptitudes
Aucun rite ne se paie ici — Passive. Il n'y a pas de Temple aux Jardins, donc aucun rite de purification n'y est disponible. Un PJ qui veut effacer de la Souillure doit remonter en ville, et donc quitter le quartier au mauvais moment.
On partage — Passive. Un PJ qui demande de l'aide honnêtement l'obtient : toit, repas, silence. Les Jardins ne trahissent pas. En échange, on n'y refuse rien à personne , et un Veilleur qui refuse de veiller devant témoin marque 1 Souillure, comme en posture Imposer.
La file avance — Action. Le MJ fait avancer la file d'un cran : quelqu'un que les PJ suivaient passe devant la chaise, guérit, et sort de leur portée. (Utile pour créer de l'urgence sans violence.)
La schlitte — Action, 1 Peur. Un accident en contrebas. Un cri, puis plus rien. Le quartier s'arrête une seconde, puis reprend, parce que ça arrive deux fois par mois. Tous les PJ : 1 Stress.
Le fragment de beauté
Le soir, quand la file se replie pour la nuit, les gens qui restent allument un feu au bout de la placette et quelqu'un chante . Toujours la même chose : une chanson bête, très longue, avec un couplet par métier, et chaque corporation qui a radié quelqu'un ici a droit à son couplet moqueur. Les enfants la connaissent par cœur et hurlent la fin.
Il n'y a pas un habitant des Jardins qui, entendant les trois premières notes de n'importe où dans la ville, ne saurait pas immédiatement qu'il est chez lui.
Note de MJ
Ne jamais jouer les Jardins comme un cloaque. C'est le quartier le plus vivant, le plus propre moralement et le plus chaleureux de la campagne — et c'est précisément pour ça que ce qui va s'y passer sera insupportable. La misère y est réelle, l'exploitation aussi, mais la dignité n'est jamais en cause.
Illustration
🖼 illustrations/laelithulhu/p017-96c0a287d617.jpeg — Laelithulhu p. 17, en tête des Carnets d'Hildefons-René. C'est l'image d'ouverture de la séance 5 : la montrer avant de décrire la file.